Dimanche, un vote va décider de l'avenir de nos régions. Le climat d'après attentat a détourné l'élection des compétences qui sont les siennes : l'éducation, l'économie des entreprises implantées dans les régions et également les transports.au bénéfice de la sécurité. Et les débordements ont été nombreux de la part de la plupart des candidats pour laver plus blanc que blanc jusqu'à la proposition de Valérie Pécresse de sanctionner la mendicité dans les transports en commun.
La responsabilité de ce durcissement de la campagne a plusieurs causes :
- l'Etat d'urgence voté (en urgence), y compris par les parlementaires de gauche (et pour moi, l'abstention est un vote pour ménager la chèvre et le chou, mais qui fait le nid de cet état d'urgence).
Pire, le gouvernement a mis un sujet en avant (seul le Fn avait osé) : la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France. Mesure inefficace, mais qui ouvre la brèche à une réforme du code de la nationalité.
Des débordements nés de l'état d'urgence s'en sont suivis et surtout prétexte a été donné à assigner à résidence des militants et interdire toute manifestation, alors que les marchés de noël battaient leur plein.
- La droite a été bloquée entre des positions extrêmes pour séduire un électorat attiré par le Front National et sa difficulté de fait de critiquer les choix de Hollande. Position inaudible pour des électeurs avides de choix clairs.
- Les journalistes scandant à tous les candidats : Mais qu'est ce que vous proposez, vous ? comme pour souligner le fait que le Front National est le seul à proposer une alternative.
- Les politiques qui ont cherché à dévictimiser les électeurs du FN alors que c'est un vote clair compte tenu des nombreuses interventions xénophobes, sexistes et antisociales des candidats FN.
- Le Front de Gauche a été victime des alliances à géométrie variable, de la volonté des médias d'amalgamer Front de Gauche et Front National et des prises de position des parlementaires Front de Gauche vis à vis de l'Etat d'urgence (contraire aux positions défendues par les militants Front de Gauche sur le terrain).
Le FN n'est pas un parti comme les autres, tant par ses racines, par ses votes au Parlement Européen (contre le droit des femmes), par sa pratique du pouvoir (contre les festivals, les associations qui ne partagent pas ses valeurs) que par sa xénophobie revendiquée (la préférence nationale fait partie de son programme).
Pour ce qui est des affaires, elle n'est pas la dernière et la tête de liste du FN en région parisienne est mise en examen pour une affaire de financement de son parti.
Pour ma part, je voterai la liste conduite par Pierre Laurent car je fais confiance à Catherine Fayet, Pascale Prigent et Philippe Juraver, du Parti de Gauche, pour porter les valeurs qui sont les miennes et je fais confiance à Yaelle Lellouche, seule candidate spinolienne.
J'espère que vous ferez de même, mais j'avoue que mon souhait le plus cher est avant tout que vous votiez, car le score du Front National est largement exacerbé par les prévisions records d'abstention.
Tout vote ne se vaut pas et qui ne vote pas accepte le choix de ce non vote, quel qu'il soit.
Et il n'y aura pas moyen de manifester son mécontentement, pour les repentis, entre les 2 tours (Etat d'Urgence oblige)