Matias Rodriguez
A une faible majorité, la conférence nationale du Parti communiste français (PCF) a voté samedi 5 novembre contre un ralliement à Jean-Luc Mélenchon en vue de l’élection présidentielle, mettant ainsi en minorité le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.
Sur les 519 votants qui se sont exprimés sur la stratégie à adopter, 274 ont choisi l’option d’une candidature communiste pour la présidentielle. L’option appelant à voter pour Jean-Luc Mélenchon, qui était portée par M. Laurent, n’a recueilli que 218 voix, mais ce sont les militants qui détiendront la décision finale lors d’un scrutin prévu du 24 au 26 novembre. (source Le Monde)
Jean Luc Mélenchon, qui s'appuie sur un programme très proche de celui du Front de Gauche en 2012, surfe actuellement sur une popularité qui est le fruit du rejet de la politique gouvernementale, d'une ouverture à la société civile et de son charisme, qui avait permis en 2012, au Front de Gauche de fédérer 11 % des votants autour de sa candidature.
Bien sûr, la force militante du PCF avait porté le candidat mais qui peut imaginer qu'un autre candidat aurait eu ce pourcentage de voix.
Jean Luc Mélenchon a commis des erreurs, qu'il a corrigé depuis, mais il a le mérite d'avoir, depuis son départ du Parti Socialiste, fait partie de toutes les luttes sociales et de tous les combats de la gauche anti-capitaliste. Il a fait fi de toutes les tentations électoralistes en adoptant une attitude de non-compromission avec le Parti Socialiste.
Les alliances à géométrie variable du PCF ont à mon sens discrédité le Front de Gauche et il était nécessaire d'agrandir son périmètre, et notamment en l'ouvrant à la société civile.
L'absence de clarté de Pierre Laurent en début d'année sur la participation ou non du Parti Communiste à la primaire du Parti Socialiste a précipité la candidature, ou plutôt la proposition de candidature de Jean Luc Mélenchon sous la bannière de la France Insoumise.
A ce jour, la dynamique est de son côté et le train ne peut pas être arrêté au risque de briser l'élan. Si les communistes décident de soutenir Jean Luc Mélenchon, m'est avis qu'ils en récolteront les fruits aux élections législatives. Sinon, la gauche anti-gouvernementale partira éclatée et Communistes et Verts, s'ils persistent à se présenter, risquent de ruiner leur parti en ne récoltant pas les fameux 5 % synonyme de remboursement de frais de campagne. En perdant l'essentiel de leurs députés, voire tous, ils pourraient disparaître de l'espace politique et ne pas survivre à la perte de leur principale source de financement.
J'espère que les militants communistes feront un autre choix lorsqu'ils auront à s'exprimer sur le soutien ou non à JLM. Qui peut imaginer qu'ils soutiendront Montebourg, celui là même qui a permis à Hollande de gagner les primaires et qui a porté Manuel Valls vers Matignon ?
L'essentiel doit être dans le programme et celui de Mélenchon est fidèle à "L'Humain d'abord".