Matias Rodriguez
Les Français ont voté, et leur vote doit être respecté. Ils ont choisi de ne pas trancher en portant 4 candidats entre 19 et 23 % des votes.
Plusieurs enseignements sont à tirer de ce vote :
Les 2 candidats issus des partis dits de gouvernement ont été éliminés dès le premier tour.
Le candidat du Parti Socialiste est à son score le plus bas depuis Gaston Deferre. Le Parti Socialiste est ainsi sanctionné d’une pratique gouvernementale et du renoncement à l’ADN politique de la gauche. Benoît Hamon, malgré ses propositions politiques plus à gauche, en est une victime collatérale. Il est aussi victime d’une stratégie de campagne malheureuse et de l’abandon des ténors de son parti, qui auront à s’en expliquer.
Sans surprise, la candidate du Front National est qualifiée au second tour des élections présidentielles et, une nouvelle fois, le front républicain s’organise autour du candidat républicain, exemptant les principaux responsables de cet état de fait de se justifier sur les raisons du succès de Marine Lepen et sur leurs propres échecs.
Autre enseignement, et pas des moindres, le candidat de la France Insoumise est arrivé en 4ème position et n’était qu’à quelques points de la qualification. C’est le résultat d’une campagne réussie, collective, participative et portée par un candidat brillant et pédagogue. La sociologie politique du vote Mélenchon montre qu’il a su redonner confiance aux jeunes et aux classes populaires, en parlant de pouvoir d’achat, d’écologie et de renouvellement des institutions. La dynamique devra continuer lors des législatives. Comme il s’y était engagé, il associe les Insoumis à ces décisions et nous propose de nous prononcer sur nos intentions de vote de second tour.
Enfin, parmi les enseignements, on peut souligner l’incapacité des primaires à faire émerger des candidatures de rassemblement.
Aujourd’hui, tout notre énergie doit être concentrée sur les législatives. Nous avons encore une chance de faire élire le maximum de députés France Insoumise et de consolider notre leadership à gauche et au-delà.
Nous n’avons pas à démontrer notre combat et celui de notre candidat contre toutes les formes de discriminations. En se présentant à Henin Beaumont contre Marine Lepen, Mélenchon en avait fait la démonstration en 2012. Tout le combat de sa vie s’est organisé autour de ces thématiques. Il ne suffit pas de se réveiller et d’en prendre conscience une fois tous les 5 ans.
Qui a fait le nid du Front National en se détournant des classes populaires, en ne respectant pas les choix des citoyens (référendum sur la Constitution Européenne), en faisant passer en force des lois fondamentales ou en reprenant des thématiques d’extrême droite (déchéance de nationalité) ?
Qui a cautionné les attaques répétées et injustifiées faites à Jean Luc Mélenchon lorsque sa dynamique devenait inquiétante ? D’aucuns voudraient aujourd’hui s’attribuer les mérites du bon score de la gauche (sic) alors qu’ils n’ont pas fait campagne pour leur propre candidat. En lisant entre les lignes, on voit que se profile une volonté de coalition PS/En marche.
C’est pourquoi je demande aux électeurs de France Insoumise qui ont porté Jean Luc Mélenchon à la deuxième place dans notre circonscription de ne pas se tromper d’élection. Les législatives ne sont pas une élection locale où l’on choisit une sorte de super-Maire mais bel et bien une élection nationale pour désigner des députés porteurs des valeurs de leur groupe politique.