Matias Rodriguez
Il en est toujours de même : en fin d'année, on fait le bilan. Et quelle année riche que cette année 2011 !!!
Premier fait marquant : la chute de personnalités qu'on croyait indéboulonables : Ben Ali, Moubarak puis Kadhafi. L'Histoire se penchera sur les conséquences de ces démissions ou évictions dans le monde arabe mais on peut saluer ces peuples qui ont pris en main leur destin pacifiquement à une période où les mouvements populaires essuient le mépris de nos dirigeants occidentaux. Hasard du calendrier, 2011 a vu coincider l'Inauguration du mémorial du World Trade Center à New York, aux États-Unis, dix ans après les attentats du 11 septembre 2001 et la mort de Oussam Ben Laden , dirigeant d'Al Qaida tué au Pakistan par les forces américaines.
Autre fait marquant : une année 2011 marquée par la pré-campagne de 2012. 2011, contre toute attente, a déjoué tous les pronostics de 2010. Hulot, favori des sondages, a connu une déculottée lors des primaires d'EELV face à la peu charismatique Eva Joly, investie par son parti mais oubliée lors des négociations avec le Parti socialiste par le dyptique Duflot/Placé, trop occupés à obtenir le meilleur accord électoral quitte à vendre leur âme au diable.
Hollande a été élu par les primaires socialistes, profitant d'un fait divers digne des meilleurs blockbusters américains : le viol d'une femme de ménage noire par le dirigeant d'une organisation internationale prétendant à l'élection présidentielle française. L'Histoire ne nous dira pas s'il aurait gagné les primaires à gauche mais, quoique blanchi par la justice américaine, il semble bien que DSK soit cramé pour la poursuite d'une carrière politique. Mais avouons-le, peu de choses différencient idéologiquement François Hollande et DSK. C'est la victoire d'une sociale démocratie ayant renoncé aux classes populaires et révant d'un nouvel arc rose/vert/orange comme le montre les oeillades de François Hollande à Bayrou.Autre révolution à gauche, un ex-socialiste Mélenchon est investi par le Parti communiste pour représenter le Front de Gauche. Celui qui résistait déjà au sein du parti socialiste à une majorité sociale-mollassonne a renoncé pendant le congrès de Reims et a crée un parti, le Parti de Gauche. Personnalité charismatique et bon orateur, il a été désigné au détriment d'André Chassaigne, communiste peu connu médiatiquement.
A droite, les candidatures se multiplient, signe du rejet massif de la politique sarkozienne. 2 hommes se rêvent un destin gaullien, De Villepin et Bayrou en imaginant pouvoir se placer au dessus des partis. Pendant ce temps, une Lepen chasse un autre et capitalise sur l'apparence d'un Front National à visage humain. Elle sera sûrement l'un des deux arbitres de l'entre deux tours, le second étant l'abstention.
Enfin, 2011 a montré le déclin de la démocratie au profit d'une technocratie financière Les agences de notation souffle le chaud et le froid sur les politiques, parfois font tomber les gouvernements ou pratiquent l'entrisme (en Italie, en Grèce et maintenant en Espagne).