Matias Rodriguez
Georges Pujals a été élu maire d'Epinay Sous Sénart et la première des vertus républicaines est de le féliciter de cette victoire et d'espérer, malgré mes doutes et ma colère, que l'intérêt de tous les Spinoliens sera respecté.
Je suis inquiet de cette victoire pour plusieurs raisons :
- l'inexpérimentation de l'équipe autour de Georges Pujals face à la complexité d'un budget dans le cadre d'un plan de rénovation urbaine
- l'absence de représentativité de l'équipe avec notamment 2 couples sur la liste et des quartiers sur-représentés
- des promesses faites coûteuses pour faire d'Epinay un Yerres low cost et je me demande, avec la contrainte du budget quels vont être les arbitrages et les variables d'ajustement pour équilibrer les comptes
- l'idéologie des proches de Dupont Aignan, dont Georges dit s'être émancipé, et je l'espère sincèrement quant on voit çà et là les soutiens doûteux de Debout la République
- la chasse aux sorcières qui est le lot des alternances dans les collectivités teritoriales.
L'heure n'est pas encore à la critique mais à l'observation et la vigilance.
Qu'est ce qui a pu créer un tel échec ?
- la situation nationale bien sûr qui n'a pas épargné Epinay Sous Sénart
- l'influence accrue de Nicolas Dupont Aignan sur le Val d'Yerres, mirage d'une ville lisse et propre cachant des politiques culturelles, éducatives et sociales sans moyens et sans relief
- notre incapacité durant le mandat et durant la campagne à valoriser nos réussites et à expliquer nos échecs et la lenteur de l'aboutissement de certains projets
- les oppositions de personnes et la violence des propos de campagne pendant que Georges comptait les points
- la sanction quant à des alliances jugées contre-nature, dans un entre-deux tours qui a obligé à des choix précipités mettant parfois sur le bord de la route des personnes qui avait donné de leurs personnes.
Est ce que je regrette mes choix ?
- le fait de suivre Christine Scelle Maury dès le premier tour était la seule possibilité pour le Front de Gauche d'exister et de mettre en avant des thématiques qui nous sont chères. Nous n'avions pas de tête de liste crédible et fédératrice et nous étions bien sûr liés fortement au bilan du mandat.
- le projet de ville, dont Georges Pujals récoltera les fruits semés par Christine Scelle Maury avait encore besoin de 2-3 ans et les attentes liées à la restructuration du centre commercial principal n'étaient pour beaucoup plus supportables
- j'étais plutôt opposé à l'alliance avec Mourad Lebcir et ma place sur la liste au deuxième tour en est l'illustration et pas sûr qu'on aurait pas fait le même score sans cette alliance. Cela m'aura en tout cas permis de rencontrer dans cette liste des personnes de qualité et de relativiser nos différences idéologiques
- nous ne pouvions nous allier, au deuxième tour, à des personnes qui, tout le long du mandat, avait été des adversaires virulents à notre politique
Quels leçons en tirer ?
- Les habitants ont manifesté une hostilité face à une bataille des égos et le renouveau politique passera, à mon avis, par d'autres têtes de listes en 2020
- La préparation de l'avenir doit être un temps d'analyse, d'écoute des habitants et de participation à la vie de notre ville
- Nous ne sommes pas là uniquement pour nous opposer politiquement au Maire et à son équipe mais à être actifs dans la ville, au conseil municipal et à être force de propositions quand nécessaire.
J'appelle tous ceux qui souhaitent travailler à l'avenir de la gauche, en toute indépendance avec le parti socialiste, à se rencontrer, à tirer des bilans et à préparer l'Epinay de demain.