Matias Rodriguez
J'ai suivi ce débat avec attention, je n'avais pas suivi celui de la semaine dernière. Sur la question de l'emploi des jeunes et des séniors, rien de révolutionnaire en dehors de la proposition de créer 300000 emplois jeunes d'avenir, proposition partagée par tous les candidats. Je m'oppose à toute idée de défiscalisations proposées par François Hollande et Baylet, qui sont inefficaces et injustes et qui privent l'Etat de ressources fiscales (donc exit au contrat de génération de FH et aux exonérations de charges sociales proposées par Baylet, effets d'aubaine pour les entreprises). Sur salaires et pouvoir d'achat, plusieurs candidats ont plaidé pour une augmentation du SMIC, une suppression ou taxation des stocks options et une meilleure répartition des dividendes entre actionnaires et salariés, dont acte ... Concernant la morale et la corruption, plusieurs candidats ont plaidé pour une suppression de l'immunité présidentielle, pour l'indépendance de la justice et pour l'inéligibilité à vie des élus condamnés. Je suis d'accord avec les deux premières propositions mais attention à la troisième qui soulève l'idée d'une double peine. Certaines peines peuvent s'inscrire dans ce cadre (abus de biens sociaux, corruption ...) car elles engagent l'idée de l'exemplarité de l'élu. C'est concernant les questions de sécurité et d'immigration que les divergences m'ont paru les plus tangibles entre la régularisation généreuse des sans papiers de Montebourg, la régularisation au cas par cas de Hollande et Aubry et les reconduites à la frontière de Manuel Valls. J'ai trouvé intéressante mais peu compréhensible l'idée d'associer la population à l'identification des problèmes de sécurité publique, beaucoup moins l'idée d'encadrement militaire éducatif des mineurs. A la suite de ce débat, on sent chez Aubry et Royal l'envie de gauchiser leur discours pour se démarquer de François Hollande. Manuel Valls, lui, joue la carte de l'argumentaire de droite mâtiné de quelques valeurs sociales. Montebourg a des propositions plus audacieuses que les autres candidats et certainement plus en adéquation avec les évolutions de la société suite à la crise financière. Je lui apporterai mon suffrage au premier tour des primaires avant d'oeuvrer pour la campagne de Mélenchon, le seul candidat qui me paraisse capable de prendre en considération les aspirations du peuple de gauche.