Matias Rodriguez
François Baroin a accusé les socialistes d'être arrivé au pouvoir en 1997 par effraction. Comme il n'a pas daigné présenté ses excuses, on peut estimer qu'il soutient ses propos. Entrer par effraction veut dire dans son sens propre violer le domicile de quelqu'un, pénétrer un lieu sans le consentement de son propriétaire. Si l'on considère la métaphore, il s'agirait d'insinuer que la gauche est entré à l'assemblée nationale sans y être autorisée. Or, suite à une mauvaise appréciation du président de la République, Jacques Chirac, dont Baroin est un disciple, l'assemblée Nationale a été dissoute. Des élections législatives ont eu lieu qui ont donné la majorité à la gauche, donc celle ci est arrivé au pouvoir, non pas par e-ffraction mais par é-lection.
Si l'on veut utiliser la métaphore de Baroin, on pourrait citer au moins trois cas d'effraction :
- En 2002, un président de la République est devenu président de la République en ne totalisant que 19.88 % des suffrages exprimés et a malgré tout appliquer sans réserve son programme de premier tour alors que la gauche représentait 42.89 % au premier tour contre 37.93 % pour la droite et 19.20 pour l'extrème droite.
- Le non au référendum sur la Constitution européenne obtient 54,87 % des voix, contre 45,13 % pour le oui, et pourtant il a été adopté, à peine corrigé, par voie parlementaire au mépris des Français.
- Les organismes supranationaux et les agences de notation font preuve d'ingérence dans la politique intérieure des pays membres de l'Union Européenne et ont déjà fait tomber deux têtes.