Matias Rodriguez
Pas si sûr que le soutien de Jacques Chirac à François Hollande ne soit qu'une blague.
On connaît depuis longtemps l'estime réciproque entre Bernadette Chirac et François Hollande qui siègent tous les deux au Conseil général de Corrèze, bien qu'ils ne partagent pas les mêmes opinions politiques.
Fils d'un radical socialiste, Jacques Chirac vendait l'Humanité lorsqu'il était jeune.
Habitué des coups bas, il a lâché Chaban Delmas en 1974 pour faire élire Giscard et a fait élire Mitterrand en 1981.
On connaissait déjà l'amitié et la complicité entre Chirac et Rocard.
Le gaullisme social ne se reconnaît pas dans la politique de Nicolas Sarkozy et est orphelin d'un candidat.
A t-il cherché à favoriser une candidature Juppé ? C'est peine perdu.
A t-il voulu se venger de Nicolas Sarkozy ? C'est probable.
Je ne suis pas sûr que la boutade de Chirac bousculera le paysage politique. Chirac est certes devenu le chouchou des sondages, mais il est inepte au niveau de son influence politique. Il n'a pas fait école, puisque ses héritiers politiques ont soit rejoint Nicolas Sarkozy (Baroin, Juppé), soit habillé la statue du commandeur en occupant des fonctions honorifique (Debré), soit rejoint Villepin, dont la candidature ne prend pas et qui a perdu un grand nombre d'alliés. Pas étonnant qu'il ait fait allusion à Juppé et pas à Villepin quant à un probable soutien à la présidentielle. La candidature Villepin est morte née.
La seule valeur ajoutée au soutien déguisé de Chirac à Hollande, c'est qu'elle tend à crédibiliser cette candidature et à donner à Hollande une image d'Homme d'Etat.
En tout cas, la sortie du livre de Chirac et le soutien de Chirac à Hollande à une semaine d'intervalle tendent à laisser croire que tout cela n'est pas de l'humour correzien.