Matias Rodriguez
L'histoire de la gauche est l'histoire des conquètes sociales et des libertés politiques. Certains combats s'inscrivent dans l'Histoire et semblent aller de soi. Mais opinion publique, action politique et réflexion philosophique ont des cycles différents. Parfois, certains Hommes d'Etat choisissent avec courage de faire avancer cette Histoire sans avoir pour autant l'adhésion populaire : c'est le cas de François Mitterrand avec l'abolition de la peine de mort. Parfois, l'Homme politique attend que le peuple soit prêt car il craint de ne pas avoir de majorité pour faire passer la réforme ou a peur de perdre l'élection suivante : c'est ce qui bloque depuis plusieurs années pour faire avancer l'idée du droit de vote des étrangers. Parfois, plus rarement, le peuple est en avance sur le pouvoir politique : c'est le cas aujourd'hui avec l'euthanasie.
Bien sûr, l'euthanasie doit être très encadrée et les expériences à l'étranger nous montrent que des dérives sont possibles. Mais doit on continuer l'acharnement thérapeutique lorsque la souffrance est à ce point abominable? Je pense qu'on peut très rapidement légiférer à minima sur l'exception d'euthanasie à laquelle est favorable une grande partie du corps médical. Mais je crains que le pouvoir en place n'aille pas dans ce sens et l'euthanasie sera sûrement un thème de campagne présidentielle.