Matias Rodriguez
On entend ça et là des critiques à l'encontre de Mélenchon qui ferait le jeu de la droite et de l'extrême droite en attaquant François Hollande. Ce dernier, conforté par les sondages, prend de haut les alliés traditionnels du parti socialiste desquels il pense probablement obtenir un transfert de voix systématique au deuxième tour. Mais, une élection présidentielle a deux tours et deux autres si l'on considère les élections législatives qui bénéficient souvent de l'élan de la présidentielle. Or, Hollande a une lecture de la crise très proche de celle d'un centre-droit et s'éloigne des écologistes par son positionnement sur le nucléaire. Des économistes de gauche ont préconisé à Hollande de se démarquer de la politique d'austérité. Si les différences avec la droite ne sont pas plus notoires, les Français risquent de privilégier le vote Sarkozy pour son rôle joué à l'international. Dans ce contexte, Mélenchon a raison de secouer le candidat socialiste. La gauche ne pourra gagner les élections que si elle propose une alternative à la politique que les gouvernements européens appliquent un à un au mépris de leur peuple. Et pourtant les marges de manoeuvre existent si l'on accepte de remettre en question les cadeaux fiscaux, les niches fiscales les plus injustes ou les plus stériles, les exonérations des heures supplémentaires ou encore de mettre réellement à contribution les catégories les plus aisées.