Matias Rodriguez
Attention, une bombe atomique a été lancée par Christine Boutin. La terre s'est arrêtée de tourner, les coeurs de battre. Celle qui représente moins de 1 % d'intentions de vote menace de soutenir François Bayrou, ce grand révolutionnaire centriste, et ainsi de déstabiliser les équilibres politiques à droite. On croit rêver. Quelle vanité de se croire si indispensable. Au moins cet épisode nous montre le grand pouvoir d'attraction de Bayrou sur des personnalités de droite et la démonstration que le centre a son centre de gravité (si j'ose dire) à droite. Mais, quand on sait la difficulté des leaders de droite et de gauche de mobiliser et de créer une véritable dynamique dans leur camp, on aurait tort d'en rire. On se souvient d'un 21 avril où le tiercé de tête était serré et à moins de 20 %, une honte pour un président et un premier ministre sortants. Si les pressions des 2 grands partis pour que les petits candidats ne réunissent pas leur signature se poursuivent, le retour de bâton risque d'être sévère. Si le premier tour perd de son sens, l'abstention risque d'être de mise. On se méfie des duels annoncés. Et l'abstention bénéficie souvent à l'extrême droite. Alors, la vraie question n'est pas celle du nombre de candidats mais plutôt de se demander pourquoi ces candidatures existent. Et la réponse est sans doute dans l'insuffisance des clivages politiques et des propositions d'alternative politique s'appuyant sur de véritables projets de société.