Matias Rodriguez
Lorsque l'on abandonne les valeurs laïques, on laisse ce terrain à d'autres. Dernièrement, au nom de la laïcité, droite et extrème droite stigmatisent une seule communauté. Preuve en est faite lorsque l'on interdit à une mère voilée d'accompagner une classe. Certains parlent d'adultes référants, de délégation d'autorité par l'éducation nationale pour justifier cette exclusion. Mais le contexte est particulier. Le gouvernement a souhaité, sans arrière pensée électoraliste (sic), entamer un débat sur l'islam, puis finalement sur la laïcité, après le débat complètement raté sur l'immigration. Nicolas Sarkozy met à sac la laïcité depuis son arrivée au pouvoir. Son discours de Latran insistait sur les racines chrétiennes de la France et mettait en avant le rôle des prêtres plus à même de transmettre des valeurs que les instituteurs. A Ryad, il récidivait. En 2009, il a fait voter une loi modifiant le financement des écoles privées par les communes. Pendant ce temps, Marine Lepen fait son beurre sur la laïcité, elle qui a fait baptiser ses enfants dans une église réputée férocément antilaïque.
On ne doit pas revenir sur les principes de la loi de 1905 mais on ne doit pas avoir non plus une interprétation trop laïcarde de cette loi. A cet égard, force est de constater que la laïcité n'est pas appliquée sur l'ensemble du territoire pour des raisons historiques (Alsace, Moselle ou encore Guyane).
Sur le terrain de la laïcité, la gauche doit être force de propositions et doit réfléchir notamment à des questions comme celles de la carrence de lieux de culte musulman qui les obligent à pratiquer un islam de cave ou à occuper l'espace public. Mais ces questions doivent être abordées de manière dépassionnée et équilibrées.