Matias Rodriguez
Les sénateurs examinent en ce moment un projet de loi autorisant la ratification du traité instituant le mécanisme européen de stabilité. Il est évident que ce projet de loi va être adopté avec l'abstention de la plupart des élus socialistes, qui veut dire oui pour certains et non pour d'autres. Comme à chaque fois que la construction européenne a progressé (ou regressé), certains socialistes nous ont tenu le discours du moindre mal. Les français dupés une première fois lors du référendum sur le traité de Maastricht se sont exprimé contre le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Leur décision a été déjugé par Nicolas Sarkozy qui a fait le choix de passer par la voix parlementaire pour entériner le traité de Lisbonne, pâle copie du traité qui avait été soumis aux Français. Aujourd'hui, à quelques mois des élections présidentielles, alors que le favori de ces élections parlent de renégocier le traité, un Sénat majoritairement à gauche va faire le jeu de la droite. Comment renégocier un traité qu'on a tacitement soutenu? N'y a t-il pas une occasion historique de retarder le processus et, après les élections, de soumettre le traité par référendum? C'est sans doute oublier que la majorité des barons socialistes est favorable à cette construction libérale de l'Europe et ne l'admet qu'à demi-mot pour ménager ceux qui, ne partageant pas cette ligne, ont une utilité pour faire gagner l'élection (Front de Gauche, Verts, aile gauche du PS et chevènementistes ...).