Matias Rodriguez
Podemos en Espagne, Siriza en Grèce, les mouvements que les médias caricaturent sous l’appellation “gauche radicale” progressent en Europe du Sud au grand dam des élites politiques qui défendent un même modèle depuis des années :
Politique de réduction des déficits et d’apurement de la dette comme préalable de toute politique (alors qu’un audit de la dette s’imposerait pour en comprendre les réelles causes)
Endogamie politique (non renouvellement des élites politiques, cumul des mandats …)
Baisse drastique des dotations aux collectivités territoriales (alors qu’on connaît leur politique d’investissement)
Réduction du nombre des fonctionnaires (quitte à manquer d’enseignants et d’infirmiers pour assurer les missions de service public)
Augmentation de l’âge de la retraite, même si on connaît, comme un France, un taux impressionnant de chômeurs âgés
Agitation d’épouvantails tels que les fraudeurs aux prestations et l’immigration (plutôt que de s’attaquer aux vrais fraudeurs)
Baisse ou maintien des salaires des fonctionnaires et non-augmentation des minima sociaux
Politique écologique insuffisante pour maintenir les intérêts des multinationales
Tous mouvements s’opposant à cette politique sont qualifiés d’extrémistes, quitte à amalgamer la gauche (la vraie) et l’extrème droite.
Les médias se font d’ailleurs un malin plaisir à faire des couvertures sur le phénomène Marine Lepen au lieu de mettre en lumière la mauvaise gestion des élus du Front National et leur politique dangereuse pour la République.
Ce qui fait la force des mouvements émergents en Europe du Sud, c’est :
la remise en question d’un système de reproduction sociale
la mise en cause de politiques austéritaires qui, en plus, d’être profondément injustes, sont inconséquentes pour la reprise de l’économie
l’émergence de mouvements citoyens
Ces deux mouvements politiques ont de plus trouvé des leaders capables d’être des moteurs. Mélenchon aurait pu en être un lors des dernières élections présidentielles.
Le Front de gauche doit encore progresser et montrer un visage moderne et encourager l'émergence de mouvements citoyens. J'espère que des rapprochements pourront se faire localement avec des Verts déçus de la politique gouvernementale et des militants de Nouvelle Donne.
Les élections départementales seront, je l'espère, l'occasion de faire émerger de nouveaux visages et des élus plus représentatifs.