Matias Rodriguez
Jean Pierre Chevènement, ce n'est pas une surprise, se retire de la course présidentielle, ne décollant pas de ses 0.5 % peu en adéquation avec sa stature d'Homme d'Etat. Chevènement a marqué la gauche et un des grands artisans de ce qui fut le nouveau Parti Socialiste qui mena François Mitterrand à la plus haute marche. Celui qui était devenu le 3 ème Homme en 2002, avant d'atteindre autour de 5 % des suffrages exprimés, a été considéré par certains comme le fossoyeur de Jospin, celui qui a empêché la gauche d'atteindre le deuxième tour de la présidentielle et obligé le peuple de gauche à choisir entre la peste et le choléra. Ce n'est pas mon analyse, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. Jospin a été son propre ennemi, car incapable de réunir les différentes sensibilités de gauche et de mobiliser un électorat qui a préféré aller à la pêche ce dimanche là. De plus, c'est ignorer que le Che s'est positionné sur un dépassement des clivages droite/gauche à ces élections. Chevènement restera comme celui qui a su démissionner à plusieurs reprises de postes ministériels lorsqu'il était en désaccord avec les orientations gouvernementales, notamment lors du tournant libéral de 1983 et l'engagement de la France dans la guerre en Irak. Il est aussi celui qui s'est opposé avec virulence à tous les traités européens qui sont constitutifs de l'Europe libérale que nous connaissons aujourd'hui.
Plusieurs thèmes de campagne pourraient le rapprocher de Mélenchon : sa vision européenne, ses attaques contre le capitalisme financier et sa conception des notions de république et de laïcité. Mais, à mon avis, son attachement au nucléaire français, son rejet du droit de vote des étrangers ... et quelques circonscriptions devraient peser dans la balance et, comme en 2002, le rapprocher du candidat socialiste.