Matias Rodriguez
Le calendrier est curieux de faire coincider deux événements qui, l'un et l'autre, viennent enterrer la carrière politique de DSK. Martine Aubry, ce n'est plus une surprise, est candidate à l'élection présidentielle. Celle qui avait été choisi comme première secrétaire car elle n'était pas présidentiable l'est devenu par défaut. Elle était prête à s'effacer devant DSK si celui était le mieux placé, ce qui tend à conforter une idéologie sociale démocrate très proche de celle de François Hollande. La gauche du PS renonce, à mon grand regret, à présenter un candidat et ainsi à capitaliser les voix obtenues lors des derniers congrès. J'en prends acte et considère, qu'à ce jour, une seule candidature aux primaires se distingue de la ligne sociale démocrate, celle de Arnaud Montebourg. Comme j'avais condamné lors du congrès une motion qui rassemblait aubrystes, fabiusiens et strauss-kahniens, je condamne aujourd'hui la candidature Aubry qui représente le plus petit dénominateur commun entre gauche et droite du PS. J'ai de la sympathie pour la candidature Montebourg aux primaires du PS, mais pour moi, la véritable primaire sera le premier tour de l'élection présidentielle où seul le vote Mélenchon alliera culture de gouvernement et réel souci de justice sociale. J'ai quitté le PS en octobre 2010 en me laissant un an de réflexion et, pour le moment, mes inquiétudes ne se sont pas dissipées. Je pense que le PS a fait le deuil de son électorat traditionnel. Il n'y a qu'à voir comment Aubry a soutenu la candidature de Lagarde, chantre du libéralisme économique. Il n'y a qu'à voir les appels du pied de François Hollande à Villepin. Il n'y qu'à voir la remise en cause des 35 heures par Manuel Valls où les positions de Ségolène Royal sur l'immigration pour s'en convaincre. Et pendant ce temps, un fait est passé presqu'inapperçu. L'UMP va verser 2,2 millions d'euros à la Ville de Paris pour indemniser la municipalité des emplois fictifs de l'ère Chirac, un véritable déni de justice...