Matias Rodriguez
Il existe à l'égard de Jean Luc Mélenchon une sorte de kaballe assez disproportionnée qui fait penser à l'image qu'avaient les communistes voire les socialistes avant l'accession au pouvoir de François Mitterrand. Certains n'hésitent pas à le comparer à un Le Pen de Gauche et d'autres s'interrogent sur la position qu'ils prendraient si un deuxième tour opposait Marine à Jean Luc Mélenchon. Ceci me paraît non seulement aberrant mais aussi dangereux dans la perspective d'un rassemblement de deuxième tour. Besancenot dont les références sont bien plus douteuses et qui ne prétend pas à la prise de pouvoir par le suffrage universel jouit quant à lui d'une cote de sympathie aux antipodes de celle de Mélenchon. Rappelons que JLM a fait partie du parti socialiste, parti de gouvernement de 1977 à 2009, qu'il a été tour à tour conseiller municipal, adjoint au maire, conseiller général, sénateur et ministre sous le gouvernement de Lionel Jospin. A ce titre, il a acquis une culture de gouvernement que nul ne peut contester. Alors bien sûr, son départ du PS a durci ses positions et pour ma part, je me rapproche plutôt de celles défendues lorsqu'il était encore au sein du PS. Mais ce qui suscite son ostracisme, ce sont plutôt ses prises de position contre les journalistes et contre la pensée unique . Et pourtant qui peut nier la docilité de certains journalistes et les collusions entre politiques, journalistes, chefs d'entreprises et hauts fonctionnaires résultant de leur formation commune. Ainsi, comment ne pas s'étonner d'une certaine pensée unique de la quelle certains s'affranchissent mais qui contribuent à relativiser les affrontements idéologiques entre la gauche et la droite. Dans ce contexte de crise, la parole de Mélenchon parait sincère car elle met en exergue les revendications qui ont été portées par les étudiants, lycéens, salariés et ouvriers et qu'elle s'inscrit dans l'air du temps d'une société qui souhaite revenir à l'essentiel et dénoncer les différences sociales et les écarts indécents de salaires. Je crois que la vraie peur d'une gauche bien pensante (BHL, Cohn Bendit) est que cette idéologie soit portée non plus par des marginaux mais par des élus de terrain qui connaissent les réalités puisqu'ils gèrent des villes, des agglos et nous représentent au Parlement.