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Matias Rodriguez

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Mon vote Mélenchon sera autant affectif qu'intellectuel

Voilà longtemps que mon intention de vote ne coulait autant de source

Je n'ai pas eu la chance de pouvoir voter en 1981 ni en 1988 puisque j'étais jeune même si en 1988, j'étais déjà empreint de valeurs de gauche et admiratif de la personnalité, de la pensée et de l'expression de François Mitterrand. Jeune, j'étais déjà engagé politiquement et j'achetais tout sur l'unique Homme d'Etat qui ait présidé la France depuis le Général de Gaulle.

En 1995, j'avais ma carte du Parti Socialiste, lorsque Lionel Jospin a été candidat, préféré à l'époque par les militants à celui qui avait ma préférence, Henri Emmanuelli. J'ai toujours admiré Lionel Jospin qui présentait, en plus d'une rigueur et d'une simplicité rare en politique, une grande intelligence mais qui n'inspirait pas un grand enthousiasme à cause d'une certaine rigidité. A l'époque, j'étais proche des idées de la Gauche Socialiste de Julien Dray ....et Mélenchon, mais Julien Dray était mon maître à penser grâce à des ouvrages très clairement positionnés à gauche du PS et défendant la 6ème République (cela a bien changé ...). J'ai assisté à son grand meeting à Bercy et mon enthousiasme a été proportionnel à ma déception le soir de sa défaite au second tour face à Jacques Chirac (malgré un score honorable au premier tour le plaçant en tête). J'avais assisté en tant qu'opposant à l'émission dans lequel Jacques Chirac était interrogé par Michel Field et qui a probablement été responsable de sa victoire ( notamment ses arguments autour de la question de la fracture sociale)

2002 a fait suite à 5 années de gouvernement de la gauche plurielle à la fois marquées par de grandes avancées sociales et par des grandes concessions à l'économie libérale. J'ai voté Noël Mamère persuadé que Lionel Jospin serait au second tour parce que sa personnalité et son programme me séduisaient avec des marqueurs de gauche qui faisaient défaut au  programme socialiste (droit de vote des étrangers, sortie progressive du nucléaire, relèvement des minimaux sociaux et 6ème République). Il me paraissait indispensable de changer les rapports de force à gauche sans imaginer un seul moment le scénario du 21 avril. Il est facile de rendre les électeurs responsables de la défaite de Jospin, mais le seul responsable est Jospin qui s'est cru roi avant l'heure et qui a négligé ses partenaires de gauche et le peuple de gauche.

Mon soutien à Ségolène Royal a été très timide en 2007 (vote utile) tant je ne me reconnaissais pas dans les propositions et l'attitude de la candidate. Idéologiquement, ma préférence allait plutôt vers Fabius, pourfendeur du traité constitutionnel européen mais je ne l'ai jamais trouvé franc du collier et j'ai toujours pensé que son positionnement était stratégique. J'ai donc subi la candidate la voyant s'enfoncer lors du débat avec Sarkozy et sombrer lors de son débat avec François Bayrou.

2012 est différente. Je ne fais plus partie du PS depuis 2010 en décalage avec la déclaration de principes votée par les militants (http://www.parti-socialiste.fr/le-ps/la-declaration-de-principes), son positionnement sur la question européenne et son adhésion de fait à l'économie de marché et à la rigueur budgétaire. J'ai adhéré au Parti de Gauche, espace politique qui manquait à mon sens, moi qui n'ait jamais voulu adhéré au Parti Communiste mais qui ait toujours vu en ce parti un allié privilégié. La personnalité souvent controversée de Jean Luc Mélenchon me séduit, empreinte de verve, de talent de tribun et d'une grande culture, et s'il dérape parfois, n'est ce pas le signe d'une grande humanité ?

Bref, pour la première fois depuis longtemps, je ne vais pas voter par défaut.

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