Matias Rodriguez
(Merci à Michel Berson de sa réponse).
M. le Premier adjoint, Cher Ami,
J'ai pris bonne connaissance de tes remarques et de tes (légitimes)
inquiétudes concernant le Mécanisme Européen de Stabilité
Je te confirme que le groupe socialiste du Sénat, devant le manque
d’envergure et les insuffisances du MES proposé par
l'Europe conservatrice, a choisi de s’abstenir.
S'il est indiscutable que ce texte constitue un premier pas vers un pare-feu
indispensable, nous avons jugé que ses conditions de fonctionnement ne
répondaient pas aux enjeux européens.
Nos priorités, à maintes reprises énoncées, sont parfaitement claires :
- Renforcer la force de frappe financière du MES, bien au-delà des 500
milliards d'€ programmés, pour une réelle marge de manoeuvre,
- Octroyer au MES une licence bancaire, pour permettre son refinancement
auprès de la banque centrale européenne,
- Conjuguer le MES à une politique de croissance, fixant des objectifs
contraignants, pour envisager le remboursement de la dette des Etats en
difficulté grâce au développement économique et à l'emploi,
- Renforcer le contrôle démocratique, avec notamment l'implication des
Parlements dans la mise en place des mécanismes de sauvetage
Or le texte proposé soumet les instruments de solidarité à une austérité
budgétaire brutale, celle du Traité sur la Stabilité, la Coordination et
la Gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG). Et ce alors
qu'on voit chaque jour un peu plus les ravages au sein de la population
grecque de la course à l’austérité imposée par la conjugaison du FMI et de
l'UE.
Dans ces conditions, les sénateurs socialistes ont donc opté pour
l’abstention afin d'être en position de force, demain, pour négocier avec
l’ensemble des partenaires européens de la France une réorientation de
l'Union qui conjugue solidarité, discipline budgétaire et croissance.
En espérant avoir répondu à tes interrogations.
Bien à toi
Michel BERSON
Sénateur de l'Essonne