Matias Rodriguez
Depuis quelques années déjà, je suis Jean-Luc Mélenchon et me reconnais dans sa famille politique. C'était déjà le cas lorsque j'étais au Parti socialiste au sein de la gauche socialiste avec le triptyque Julien Dray Jean-Luc Mélenchon et Marie Noëlle Lienemann. J'ai rejoint ensuite le Parti de Gauche. J'ai été candidat aux départementales en portant les couleurs du Front de gauche puis pour les législatives avec l'étiquette France insoumise.
Cette campagne était riche de rencontres et très stimulante d'un point de vue intellectuel. Les profils des candidats représentaient toute la diversité de la société française. Et Jean Luc Mélenchon, tout le monde l'a reconnu, a fait une excellente campagne.
J'ai toujours trouvé que certains coups d'éclat de Jean-Luc Mélenchon nous empêchaient d'atteindre le plafond de verre qui permet d'être élu à l'élection présidentielle. Pour autant, sans lui, le mouvement n'aurait pas atteint un tel niveau.
Bien sûr la position de certains médias a parfois plus que desservi Jean-Luc Mélenchon notamment la semaine précédant le premier tour de l'élection présidentielle. Pour autant je reste attaché à la liberté de la presse, à la liberté d'expression, à la satire politique et au respect de la personne représentant les institutions.
C'est pourquoi j'ai émis des réserves lors de la perquisition de Jean-Luc Mélenchon. Il faut reconnaître que le dispositif déployé pour réaliser autant de perquisitions le même jour était disproportionné par rapport à ce que l'on avait connu pour les autres formations politiques (ceci explique sans doute la réaction également disproportionnée à mes yeux de Jean-Luc Mélenchon et de certains de ses proches).
En tant que membre de la France insoumise et ancien candidat aux législatives, j'ai souhaité me désolidariser de sa manière de se comporter lors des perquisitions vis à vis des policiers et du procureur et de son appel à pourrir les journalistes. Ceci ne me paraît pas être la bonne attitude de défense et va à l'encontre des valeurs que j'ai toujours souhaité défendre. D'origine espagnole, je mesure ce que représentent les libertés fondamentales. Ma position m'a valu insultes et lynchage sur Internet de la part de beaucoup de militants France Insoumise, ce qui me paraît inquiétant. Comment peut-on vouloir convaincre une majorité de français de rejoindre notre projet lorsque l'on n'arrive pas à entendre les réserves de nos pairs ?
Aujourd'hui nous avons certes renforcé notre base militante mais nous avons affaibli à mon avis notre attraction auprès de nos électeurs potentiels. Les prochaines échéances me donneront ou non raison.
M'est avis que ces perquisitions n'apporteront aucun élément à charge et ne donneront pas de suites judiciaires. C'est pourquoi je trouve que nous aurions du donner une autre image.
Cet article me vaudra sans doute d'autres insultes. J'invite ceux qui n'acceptent pas la moindre critique à ne pas le lire.