Matias Rodriguez
Bonjour,
Depuis quelques mois, un nouveau Maire est élu à la tête d'Epinay Sous Sénart. C'est un vote démocratique, nous devons l'accepter. Rien dans sa politique municipale ne m'étonne, car tout était écrit dans son programme : en clair ou en crypté : le rêve de faire d'Epinay Sous Sénart un Yerres en miniature.
Le soutien de Nicolas Dupont Aignan en était l'emblème et les nombreuses propositions du candidat en étaient les démonstrations.
La pratique du pouvoir était moins préméditable, sauf si on acceptait de comprendre que Georges Pujals était bel et bien un disciple de Nicolas Dupont Aignan. La composition de la liste et les soutiens à Georges Pujals ressuscitaient les morts (politiques, j'entends) des années Dôle. Je reconnais que Georges, sûrement peu préparé à ce destin si accéléré, était d’abord facile et il m’arrivait fréquemment d’échanger avec lui, malgré nos différences de points de vue et c’est sûrement son changement de comportement qui m’a le plus surpris. Jouait-il un jeu à ce moment là ou le fait-il aujourd’hui ?
Depuis son élection, le durcissement de sa pratique politique et ses choix confirme les présomptions que certains avaient lorsqu’ils parlaient de droite dure :
- Suppression d’un festival autour des cultures d’ailleurs et donc déprogrammation de musiciens maliens et sénégalais qui étaient prévus pour ce festival
- Volonté de mettre en place un arrêté sur les attestations d’hébergement
- Tract sécuritaire cet été et volonté d’accélérer la mise en place de caméras de surveillance
- Retrait de délégation à sa 1ère Maire Adjointe, Khadidja Seddiki et à sa maire adjointe à la vie associative, Sophie Mianne, pour des raisons douteuses
- Pression exercée sur le personnel communal à base de chantage à la durée de contrat, ou changement de lieu d’affectation, ou encore de fin de contrat lorsque des doutes sur les fréquentations de ses agents existent
- Refus de s’adresser à des associations lorsque l’un de ses membres est opposé à sa politique municipale
- Chantage au procès à quiconque s’attaquerait à lui sur son blog politique
- Concentration des pouvoirs autour du Maire et de son cabinet
- Favorisation d’un quartier, le sien, par rapport à d’autres : parc de jeux et labyrinthe végétal au Parc de l'Europe
- Refus de s’adresser à des citoyens et de leur dire bonjour, lorsqu’ils ne partagent pas ses idées et pourtant il doit être le représentant de tous les Spinoliens.
La réponse de Khadidja Seddiki peut paraître violente et moi-même je ne l’aurai sûrement pas mise en place. Mais elle se comprend et est à la hauteur du préjudice.
Elle ne doit pas engendrer de la violence, mais viser à faire comprendre à la population les dangers d’une telle pratique du pouvoir. Pour le reste, ce sera au citoyen de décider lors des prochaines élections municipales et de ne plus se faire avoir par une photo (photoshopée?) montrant un candidat à son avantage.
Ce sera aussi aux candidats de se remettre en question et d’avoir une pratique plus apaisée de la politique.
Le prochain conseil municipal sera important car il montrera si l’équilibre de forces a changé au sein du conseil. Les conseillers devront se prononcer pour ou contre le maintien des 2 maires adjointes sans délégation dans leur fonction. Voilà ce que prévoit la loi :
Le maire a toute liberté pour décider de déléguer ses fonctions. L'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales reconnaît cependant aux adjoints un droit de priorité par rapport aux autres membres du conseil municipal. Le maire peut donc déléguer une partie de ses fonctions aux adjoints et « en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal ». En outre, le dernier alinéa de l'article précité, dispose que le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien ou non dans ses fonctions d'un adjoint dépourvu de délégation. Aux termes de ces dispositions, le Conseil d'État estime donc dans son avis n° 031537 du 14 novembre 2012, que si le conseil municipal se prononce contre le maintien dans ses fonctions de l'adjoint en question, les délégations attribuées aux conseillers municipaux peuvent être maintenues. En revanche, si le conseil municipal se prononce pour le maintien, « le maire est tenu de retirer sans délai les délégations attribuées à des conseillers municipaux, sauf à conférer à l'adjoint une nouvelle délégation », auquel cas le juge administratif constatera la méconnaissance du droit de priorité des adjoints.
D’ici la fin du mandat, Georges Pujals, si personne ne démissionne du conseil, devra compter sur une majorité de 21 conseillers municipaux sur 33. Il lui reste une petite marge pour faire passer ses délibérations mais quel sera le comportement des conseillers qui se sentent exclus des débats, 5 peuvent faire basculer un vote.
Je serai là en tout cas au conseil pour soutenir le combat d’une femme qui a fait preuve de courage en s’opposant fermement à l’arrêté sur les attestations d’hébergement.