La politique de l’enfance a subi ces dernières années une régression sans précédent depuis 1945. Une régression faite d’agressions idéologiques et budgétaires contre les différents services publics y concourant. Une régression visant à gommer la notion même d’enfant, à punir et humilier les familles fragilisées, à culpabiliser tout particulièrement les mères, à déstabiliser des professionnel-le-s enserré-e-s dans des restrictions de moyens drastiques par le désengagement de l’Etat ou par le transfert non compensé de ses responsabilités sur les collectivités locales, et enfermé-e-s dans des “protocoles” froids et techniciens faisant fi de l’humain et de la spécificité de leur métier.
Tous ces protocoles sont empreints d’une logique avant tout comportementaliste s’appuyant sur des classifications anglo-saxonnes contestées par nombre de psychologues et de professionnel-le-s de la santé et de l’action sociale. Les notions de prévention des difficultés et d’accompagnement bienveillant de leur résolution ont été remplacées par celles de détection précoce (dès la crèche!) des « troubles du comportement » et de contrôle continu des destins de délinquance qu’ils sont supposés prédire ! De surcroît les moyens alloués aux politiques publiques de l’enfance sont en tel recul que celles-ci sont menacées de disparition. Un renvoi massif des principales composantes de ces politiques s’opère ainsi vers la sphère privée. Il est sous tendu par l’idée que les enfants sont placés sous la seule responsabilité des familles et dédouane ainsi les pouvoirs publics d’assumer, nationalement et localement, la leur. Il occasionne par là même un recul important pour les droits des femmes qui, nous le rappelons, prennent majoritairement les congés parentaux, quand elles n’interrompent pas tout bonnement leur carrière.
Or, nous pensons, au contraire, que tous les enfants doivent être placés sous la protection de la République, enjeu fondamental si on veut lutter contre les inégalités sociales et leur reproduction. C’est bien cet objectif majeur que la gauche doit s’assigner. Un objectif sans concession qui prend en compte à la fois la globalité de la personne de l’enfant, de la naissance à 18 ans, mais aussi l’ensemble des enfants, sans distinction aucune. Un objectif ambitieux mais incontournable que notre pays s’est d’ailleurs engagé à viser en ratifiant, dès 1990, la Convention internationale des droits de l’enfant, adoptée le 20 novembre 1989 par l’Assemblée générale de l’ONU, et en reconnaissant de la sorte l’étroite articulation des droits de tous les enfants tant à la protection bienveillante qu’à l’émancipation citoyenne.
Dans tous les domaines touchant à l’enfance, c’est la maltraitance institutionnelle tant à l’égard des publics concernés (enfants, jeunes, parents) que des professionnel-le-s en relation avec eux qui est à l’oeuvre.
Le Front de Gauche a été ces dernières années de tous les combats aux côtés des parents, des personnels de l’Education nationale et de l’éducation populaire, des personnels de la petite enfance à travers le collectif “Pas de bébés à la consigne”, l’Appel des appels » ou le collectif « Sauvons la clinique », des personnels de santé pour sauver des maternités ou des centres IVG, mais aussi du Réseau Education Sans Frontières. Il soutient sans réserve la lutte du réseau “Pas de zéro de conduite”, du collectif des « Etats généreux pour l’Enfance » dont il partage les conclusions, des personnels de la PJJ, des travailleuses et des travailleurs sociaux, des juges des enfants, des éducatrices et éducateurs spécialisé-e-s, des psychologues, des pédopsychiatres, des pédiatres et des professionnel-le-s de la prévention et du soin qui refusent, au-delà de la disparition de leur métier, la disparition de la notion même d’enfant !
C’est en raison de la confiance qu’il a gagnée à nos côtés dans ces luttes que nous nous engageons aux côtés du Front de Gauche !
Avec le Front de Gauche : nous, on peut faire autrement!