Matias Rodriguez
Les 2 personnalités qui font le buzz à gauche sont 2 personnes d'origine espagnole. Passée cette fierté un tantinet chauvine, je m'étonne des réactions à leur encontre alors qu'ils sont sans doute parmi les rares socialistes à avoir gardé toujours le même discours. Chacun des deux, à l'intérieur du parti socialiste a toujours eu une liberté d'expression sans jamais avoir de sanctions de la part du bureau national ( à part un courrier de Martine Aubry à Valls l'encourageant à démissionner). Valls a intégré le PS en 1980 pour soutenir Rocard contre Mitterrand, donc était déjà le tenant d'une pensée sociale démocrate. Ce qui le caractérise, c'est sa volonté d'utiliser l'argumentaire de la droite sur la sécurité, l'assistanat, l'immigration et la retraite, tout en se réclamant de gauche. Manuels Valls est en fait un libéral dans un parti de gauche. Mélenchon, quant à lui, après avoir été troskyste, a adhéré au PS en 1977 et est resté fidèle à Mitterrand jusqu'en 1988. A partir de 1988, et jusqu'à son départ du parti, Mélenchon restera toujours fidèle à travers les motions qu'il défend à un socialisme ancré à gauche avec des orientations clairement antilibérales et républicaines. Il a toujours gardé sa liberté de ton, notamment concernant l'entrée de la France dans la première guerre du Golfe et en faisant campagne contre le non au référendum sur la constitution européenne contre la majorité de son parti. La différence entre les deux est le courage politique de Mélenchon qui a décidé de créer son propre parti en risquant de perdre ses mandats.
Mais au delà de leur parcours politique, ce qui met en valeur (médiatiquement) ces deux prétendants à l'élection présidentielle, c'est cette incapacité du parti socialiste à trancher entre sociale démocratie et socialisme ancré à gauche (dont le symbole est cette alliance entre Aubry, Fabius, DSK et Hamon, alors qu'il existe des différences de fonds dans les orientations qu'ils défendent). Toute la classe politique à gauche est dans l'attente du choix de DSK pour que chacun et chacune puisse se déterminer et développer ses arguments cartes sur table. Si DSK se présente, Valls retirera sa candidature et la gauche du PS passera à l'offensive avec une candidature Hamon, Montebourg se maintenant dans la course. Si Aubry se présente, Valls et Moscovici se présenteront contre elle pendant que Montebourg et Hamon s'aligneront derrière Aubry. Dans un cas comme dans l'autre, Royal sera la variable d'ajustement, à moins d'une (mauvaise) surprise.