Matias Rodriguez
Visiblement, avec la sortie de son livre, Hamon a voulu re-gauchiser son discours un peu affadi par le porte-parolat du PS. Je l'ai trouvé percutant et convaincant lorsqu'il s'est attaqué aux agences de notation et aux propos xénophobes de Guéant . Je l'ai trouvé moins solide pour justifier son ralliement à Martine Aubry et ses différences avec Montebourg et Mélenchon. Benoit Hamon et son courant Un Monde D'avance se différencient très peu du Parti de Gauche de Mélenchon mais diffèrent sur la stratégie. Les premiers pensent pouvoir de l'intérieur influer sur la ligne politique du PS lorsque le PG pense que pour faire évoluer le programme de la gauche, il faut peser au premier tour de l'élection présidentielle. Le soutien de Hamon à Aubry peut être également lié à la confiance qu'il a emmagasiné lorsqu'il était au cabinet de Martine Aubry. Si celle ci n'avait pas été candidate, la gauche du PS aurait sans doute présenté Hamon et capitalisé le bon score enregistré au dernier congrès. Renoncer à occcuper cet espace politique et accepter de présenter une candidature commune avec les très libéraux strauss-kahniens a été à mon sens un très mauvais calcul et Arnaud Montebourg a très vite compris l'intérêt d'adopter un discours plus radical pour récupérer les militants orphelins de la gauche du PS. Mais l'électorat de cette gauche du PS est trop dispersé pour pouvoir faire entendre sa voix. Seul Jean Luc Mélenchon me semble capable de faire pencher le programme de la gauche en pesant entre les tours et en conditionnant son soutien au candidat socialiste à de réelles concessions sociales.