Matias Rodriguez
Commenter les faits divers, avoir un discours de fermeté, stigmatiser tel ou telle catégorie de personnes ne suffit pas à régler le problème de la sécurité. Après 9 ans de gesticulations, de remise en question du modèle républicain en terme d'équilibre entre prévention et répression, le bilan est accablant. Et aujourd'hui, Nicolas Sarkozy décide, comme s'il s'agissait d'un second souffle avant l'agonie, de reprendre une idée de Ségolène Royal : celle de l'encadrement militaire des jeunes délinquants. Que restera t-il de la présidence Sarkozy sinon un champ de ruines qui sera difficile de rétablir : un système éducatif au bord de la rupture, une santé à deux vitesses, des collectivités territoriales qui souffrent d'un transfert de compétences sans transfert de charges, des policiers obligés de faire du chiffre et dont l'image est plus que ternie, une dette alourdie par les cadeaux fiscaux et les exonérations en tous genres et un chômage structurel que le Pôle Emploi n'a pas les moyens d'endiguer. Jamais aucun président n'aura à ce point détricoté le modèle républicain.