Matias Rodriguez
Ce qui avait provoqué mon départ du PS, en plus d'une politique de plus en plus libérale, se renouvelle aujourd'hui : un déni de démocratie à l'égard des militants socialistes. Lors des régionales, les militants PS avaient choisi par vote de désigner Carlos Da Silva tête de liste, compte tenu des affaires judiciaires en cours dont étaient sujet Julien Dray. Finalement, ce dernier était investi tête de liste au mépris des militants essonniens. Entre les deux tours, compte tenu de la fusion des listes de gauche, un certain nombre de socialistes avait été évincé, sans tenir compte de leur place dans la liste initiale. Aujourd'hui, les mêmes manoeuvres ont eu lieu pour les sénatoriales. Rappel des faits. Au mois de décembre, suite à des réunions tripartites entre communistes, écologistes et socialistes, il avait été décidé de présenter une liste avec en tête de liste un homme d'Europe Ecologie, suivi d'une communiste et d'un socialiste (parité oblige). On apprenait bien vite qu'il s'agissait de Jean Vincent Placé, illustre membre d'EELV dont l'implantation en Essonne est à démontrer. Ayant à se prononcer sur le premier des socialistes, les militants essonniens avaient choisi d'investir Michel Berson, président sortant du Conseil Général de l'Essonne au détriment de Francis Chouat. Rappelons que le Parti de Gauche a été totalement exclu de ces négociations pour la constitution d'une liste rassemblée de la gauche malgré le bilan de Marie Agnes Labarre qui avait remplacé Jean Luc Mélenchon lorsque celui ci avait été élu député européen. Les socialistes essonniens , qui avaient dû avaler une première couleuvre avec la désignation d'un écologiste parachuté comme tête de liste, ont été désavoué une deuxième fois en apprenant par voie de presse que Martine Aubry a tranché pour une nouvelle liste Placé / Campion / Vera excluant Michel Berson d'une place éligible. Rappelons que Claire Lise Campion est sénatrice socialiste sortante et que Bernard Vera est sénateur communiste sortant. Il est certes difficile de constituer une liste commune lorsqu'il faut tenir compte de paramètres aussi divers que la parité, la reconduction des sortants, la représentations de tous les partis de gauche et au sein même des partis la pluralité des courants. Mais ne pas respecter le vote des militants est grave. Les conséquences de ces épisodes sont que la gauche coure le risque de présenter 3 listes aux sénatoriales : une liste PS/PCF/ EELV menée par Jean Vincent Placé, une liste dissidente socialiste menée par Michel Berson et une liste du Parti de Gauche menée par Marie Agnes Labarre. Pour moi, la seule sortie de crise possible serait de présenter une liste Jean Vincent Placé/ Marie Agnes Labarre/ Michel Berson. Le PCF pourrait faire cette concession au Parti de Gauche, car compte tenu de la division de la gauche, l'élection de Vera n'est pas acquis. Encore faudrait-il pour cela que le PS accepte de repositionner Michel Berson.